Col du Tourmalet à vélo, le vent selon le versant
Dix-neuf kilomètres par un versant, dix-sept par l’autre, et deux expositions au vent qui n’ont rien à voir.
Le col du Tourmalet à vélo est le plus franchi du Tour de France. Il est monté, filmé et raconté depuis plus d’un siècle. Et pourtant, la question « par quel versant, et à quelle heure » reste presque toujours tranchée sur la pente, jamais sur le vent.
Les deux versants du Tourmalet et leur exposition
Par Luz-Saint-Sauveur, à l’ouest. Environ dix-neuf kilomètres et quelque 1 400 mètres de dénivelé jusqu’aux 2 115 mètres du sommet. La montée démarre dans une vallée encaissée, passe Barèges à mi-parcours, puis s’ouvre franchement sur les derniers kilomètres.
Par Sainte-Marie-de-Campan, à l’est. Dix-sept kilomètres, un peu moins de dénivelé, et un profil qui se durcit dans le dernier tiers avec le passage de La Mongie.
Le versant ouest est exposé aux flux d’ouest, qui sont les plus fréquents dans les Pyrénées. L’est est plus abrité de ce côté-là, mais il prend de plein fouet ce qui vient de l’autre. Ce n’est pas une question de difficulté, c’est une question de jour.
Regarde le vent de ta montée avant d’y aller, heure par heure.
Ouvre le col dans MoguWind Plan →Où le vent change sur le Tourmalet côté Luz-Saint-Sauveur
Les premiers kilomètres depuis Luz sont relativement protégés : la vallée est étroite et le relief coupe. Ça donne une fausse impression de calme.
Après Barèges, la route tourne vers le nord-est et s’ouvre. C’est le moment où beaucoup de monde découvre qu’il y a du vent, et c’est aussi le moment où la pente ne redescend plus.
Les quatre derniers kilomètres sont à découvert. À cette altitude et sur cette orientation, la partie sommitale est régulièrement la plus ventée de la montée.
Pourquoi le col du Tourmalet peut être calme en bas et souffler en haut
C’est la spécificité d’un col, et elle est facile à oublier. Le Tourmalet sépare deux vallées qui peuvent avoir deux temps différents. L’air passe d’un côté à l’autre par là où il peut, c’est-à-dire par le point le plus bas de la crête, et cette accélération au point de passage est un phénomène connu.
Pratiquement : il peut faire calme en bas des deux côtés et souffler au sommet. Ce n’est pas une anomalie, c’est la géométrie. Et comme personne ne le regarde, c’est la surprise classique des trois derniers kilomètres.
Le corollaire est utile : si tu bascules, le vent que tu prends en descente n’est pas celui que tu avais en montant. Sur le Tourmalet, beaucoup de gens descendent côté est en pensant retrouver les conditions de l’ouest.
Quel versant du Tourmalet choisir selon le vent ?
Charge les deux traces dans le planificateur pour le même jour et compare les Profils de vent. Tu ne cherches pas lequel est « moins venté » en moyenne, tu cherches où se situe l’exposition par rapport à l’endroit où tu seras déjà fatigué. Les prévisions viennent de Open-Meteo.
Un versant avec du vent de face sur les cinq premiers kilomètres est gérable : tu es frais et la pente est plus douce. Le même vent sur les quatre derniers, quand tu es à deux heures d’effort et à 2 000 mètres, ce n’est pas la même sortie.
Monter le Tourmalet à vélo en cyclosportive
Sur une épreuve avec dossard, tu ne choisis ni ton versant ni ton heure de passage. Ce que tu peux faire, c’est estimer ton heure d’arrivée au pied et regarder ce que ça donne en haut, pour savoir si tu gardes de la marge ou si tu peux te découvrir plus tôt.
La distinction de vocabulaire compte ici : une cyclosportive se court avec un dossard et un chronomètre, une randonnée n’a pas de classement. Les deux se préparent différemment, et le vent pèse plus quand il y a un chrono.
Ce qu’il faut retenir sur le Tourmalet
Il ne se prépare pas au pourcentage. Il se prépare au versant, à l’heure, et à ce que fait l’air ce jour-là entre les deux vallées. C’est le seul des grands cols pyrénéens où le choix du côté change autant les conditions.
Le versant est, par Sainte-Marie-de-Campan
On en parle moins parce qu’il est moins photographié, mais il mérite mieux. Dix-sept kilomètres qui commencent doucement dans la vallée du Campan, avec une pente qui reste longtemps raisonnable, puis se durcit franchement après La Mongie.
Côté vent, l’exposition arrive plus tard que sur l’ouest. Tu montes abrité un bon moment, et c’est dans le dernier tiers, quand la station se dégage, que tu découvres ce qu’il y a vraiment. Le problème est le même que partout : tu l’apprends quand tu n’as plus de marge.
Le Tourmalet après la montée, ce que dit le Bilan du vent
Avec le champ de données MoguWind sur ton compteur GPS, tu récupères après coup le Bilan du vent dans Garmin Connect, un indice de −100 à +100 sur toute la sortie. Sur un col monté par un seul versant, il penche fortement d’un côté, et c’est justement ce qui permet de comparer deux ascensions faites à des jours différents.
Quels autres cols préparer de la même façon ?
Le même traitement existe pour le col du Galibier et pour l’Alpe d’Huez, et le reste est dans nos guides de cols et de parcours.
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