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Alpe d’Huez à vélo, ce que le vent fait dans les 21 lacets

Tout a été écrit sur les 21 lacets. Personne ne raconte ce que le vent y fait, et il y fait beaucoup.

Alpe d’Huez à vélo, ce que le vent fait dans les 21 lacets

Monter l’Alpe d’Huez à vélo est documenté partout. Treize kilomètres et demi, un peu plus de mille mètres de dénivelé, 8,1 % de moyenne, vingt-et-un lacets numérotés à l’envers, le 21 en bas et le 1 tout en haut, si bien que le compte à rebours descend au fur et à mesure que tu montes. Les temps de référence, les braquets, où placer son effort : tout a été écrit.

Ce qu’on ne trouve nulle part, c’est ce que le vent y fait. Et il y fait beaucoup, pour une raison géométrique très simple.

Pourquoi les lacets de l’Alpe d’Huez changent ton vent tous les 600 mètres

Un col droit a un vent. L’Alpe d’Huez en a vingt-et-un, parce qu’à chaque virage tu retournes ton orientation de presque cent quatre-vingts degrés.

Le vent, lui, ne tourne pas. Il vient de la vallée de la Romanche et il garde sa direction. Ce qui change, c’est toi. Sur une même rampe tu prends le vent de face, tu passes le virage, et tu le prends dans le dos pendant six cents mètres. Puis tu retournes.

Concrètement, tu alternes toutes les deux à quatre minutes. C’est trop court pour installer un rythme et assez long pour le casser. Les cyclistes qui trouvent l’Alpe « bizarrement irrégulière » alors que le pourcentage est constant décrivent exactement ça, sans le savoir.

Et l’effet n’est pas symétrique. Six cents mètres de vent de dos ne te rendent pas ce que six cents mètres de vent de face t’ont pris, parce qu’en montée tu roules lentement : le vent de dos t’aide peu à 10 km/h, alors que le vent de face te coûte énormément. Sur vingt-et-un virages, le solde est négatif.

Les trois parties de l’Alpe d’Huez, et elles ne se ressemblent pas

Du Bourg-d’Oisans au lacet 16. La rampe d’entrée, la plus raide, autour de 10 %. Elle est orientée plein sud-ouest et elle est exposée. Si le vent remonte la vallée, tu le prends de face pendant le passage le plus dur, et c’est là que la plupart des gens se mettent dans le rouge.

Du lacet 16 au lacet 7. La partie la plus tournante, celle qui alterne le plus vite. C’est aussi la plus abritée : les épaules du versant coupent le vent sur une bonne moitié des virages. Si tu as souffert en bas, c’est ici que tu récupères.

Du lacet 7 à Huez. Ça s’ouvre. Les virages s’espacent, la pente tombe autour de 7 %, et tu perds l’abri. Sur la fin, l’exposition est presque totale et le vent d’après-midi est souvent levé. Beaucoup de gens finissent moins vite qu’ils ne pensaient et l’attribuent à la fatigue.

Regarde le vent de ta montée avant d’y aller, heure par heure.

Ouvre le col dans MoguWind Plan →

Pourquoi la même montée n’a pas le même vent le matin et l’après-midi

La Romanche canalise. Comme dans beaucoup de vallées alpines, l’air se réchauffe dans la journée et remonte vers l’amont : c’est la brise de vallée, elle s’installe en général en milieu de matinée et forcit jusqu’au milieu de l’après-midi.

Pour toi, ça veut dire une chose : la même montée n’a pas le même vent à 8 h et à 15 h. Tôt, l’air est calme et tu montes dans tes sensations. L’après-midi, la rampe du bas et la partie haute sont exposées à un vent qui remonte, et les deux endroits où tu es le plus vulnérable sont justement ceux-là.

C’est aussi pour ça que les récits ne concordent jamais. Deux cyclistes qui montent le même jour à quatre heures d’écart ne montent pas le même col.

Comment voir le vent de l’Alpe d’Huez avant d’y aller

Charge la trace du col dans le planificateur, mets ton heure de départ et ta vitesse d’ascension réaliste, entre 8 et 12 km/h selon ton niveau. Le Profil de vent découpe la montée kilomètre par kilomètre et te montre où c’est rouge, gris ou vert. Les données viennent de Open-Meteo, en accès ouvert.

Ce que tu cherches n’est pas la moyenne, elle ne veut rien dire ici. Tu cherches se concentre le rouge. S’il est sur la rampe du bas, pars plus doucement que tu n’en as envie. S’il est sur les quatre derniers kilomètres, garde quelque chose : le haut est exposé et il n’y a plus de virage pour souffler.

Une précision utile : mets ton heure d’arrivée au pied du col, pas l’heure à laquelle tu quittes ton hébergement. Entre les deux il peut y avoir une heure de vallée, et c’est justement l’heure où la brise se lève.

Ce que le vent change vraiment sur une pente à 10 %

Un vent de face de 20 km/h quand tu montes à 10 km/h, ce n’est pas 20 % d’effort en plus, c’est beaucoup plus : ta vitesse relative passe de 10 à 30 km/h et la résistance grimpe au carré. Sur une rampe à 10 %, c’est l’équivalent d’un point de pente en plus.

Un point de pente sur l’Alpe d’Huez, c’est la différence entre une montée que tu gères et une montée qui te gère. Et comme la résistance de l’air compte peu à basse vitesse, le phénomène ne devient visible que dans un cas précis : quand le vent est fort. C’est pour ça qu’on l’oublie les autres jours et qu’il surprend celui-là.

Faut-il renoncer à monter l’Alpe d’Huez un jour de grand vent ?

Non, sauf pour la descente. Monter avec du vent coûte du temps et de l’énergie, mais ça reste une montée. Descendre vingt-et-un lacets avec des rafales de travers est un autre sujet, et là ça vaut la peine de regarder les rafales prévues plutôt que la moyenne.

Quels autres cols préparer de la même façon ?

Le même traitement existe pour le col du Galibier et pour le col du Tourmalet, et le reste est dans nos guides de cols et de parcours.

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